La bonne paie ? C’est au Luxembourg

C’est dans le bar – très hype – le View, à Metz, que j’ai rencontré Laura, jeune habitante d’Ay sur Moselle. Elle travaille depuis juin dernier au Luxembourg. Et ça, ça nous intéresse. Voilà pourquoi j’ai décidé de vous présenter Laura et de faire plus ample connaissance avec elle. Allez venez, allons boire un verre avec Laura.
Portrait.

Conseillère cosmétique chez l’Occitane en Provence
Nous nous installons à la première table qui se présente à nous. J’explique à Laura que je ne compte pas la manger, que je vais juste m’immiscer dans sa vie privée le temps d’un verre et que tout ceci sera bien entendu rendu public, afin qu’elle devienne une grande star dans la cosmétique – et ben oui tant qu’à faire hein. –
Non plus sérieusement, cette jeune femme de 22 ans travaille depuis juin dernier chez l‘Occitane en Provence, dans le quartier de Kichberg, à Luxembourg ville. Alors messieurs, si vous avez besoin d’acheter des produits cosmétiques pour vos femmes pour la St Valentin, c’est à Laura qu’il faut demander ! Issue de l’école ISFEC – Institut supérieur de formation esthétique et coiffure – en Moselle, c’est tout naturellement qu’elle s’est tournée vers le Luxembourg une fois son diplôme en poche. « Je voulais travailler en institut à la base. Mais j’ai eu de la chance, mon contrat étudiant s’est fait au sein d’Occitane et ils ont accepté de me prendre directement après l’obtention de mon diplôme. » Et son métier lui plait, même si… « Les clients luxembourgeois sont très exigeants. Ils sont riches, donc ils savent ce qu’ils veulent. Certains me prennent de haut parfois, quand ils constatent que je ne parle pas luxembourgeois. Etre français est mal perçu apparemment. Pourtant il y a beaucoup de nationalités différentes au Luxembourg et c’est ce que j’aime. » Petite pause. Le serveur arrive. Un coca et un diabolo grenadine plus tard, nous entrons encore un peu plus dans les détails de sa vie luxembourgeoise…

Un mot d’ordre : la motivation
« Il faut être à fond si tu veux travailler au Luxembourg ». Voilà le conseil prodigué par Laura. « Motivée, motivée, motivée ! » me dit-elle en riant. Selon elle, les Luxembourgeois seraient moins conciliants qu’en France. Même un CDI luxembourgeois n’offrirait pas la sécurité de l’emploi. « Il faut des résultats pour rester. Ils ont des tas de demandes, beaucoup de gens veulent travailler au Lux, donc ce n’est pas difficile de te remplacer si tu n’es plus efficace. » Gloups, voilà qui est rassurant dis donc. Le seul mot d’ordre donc : la motivation. « Par exemple, je pars de chez moi à 7h tous les matins, pour ouvrir le magasin à 8h30. Bon je roule vite hein, parce qu’en général tu mets pas 35 minutes pour y arriver ! Mais tout ça pour dire qu’il faut être motivé, sinon tu ne le fais pas le trajet tous les jours. » Et c’est pour dire. 55km sépare l’appartement de Laura de son travail. « C’est ça le gros inconvénient quand on est frontalier. C’est le trajet. Si on fait 40h/semaine, ça va, ta paie rentabilise le trajet. Sinon, ben c’est même pas la peine, ça vaut pas le coup. » Quand je vous le dis qu’ils ont tout compris dans Harry Potter avec leurs balais ! Enfin bref, je m’égare dis donc. Je demande alors à Laura d’où elle tient cette motivation. Parce que bon, c’est vrai que vu comme ça, ça ne donne pas très très envie… « Il y a une très bonne ambiance au travail. Ça me plait ! Et puis les ventes marchent bien. Et grâce à ce job, j’ai perfectionné mon anglais aussi. » Ah ouf, il y a quand même du bon. Voir même du très bon, vous allez voir…

L’avantage du Luxembourg ? La paie.
S’il y a bien un mot qui prédomine dans la bouche de tous les frontaliers, vous l’aurez compris, c’est bien celui-ci : la paie. Aaah l’argent ne fait pas le bonheur certes, mais il y contribue fortement, surtout face à une paie luxembourgeoise croyez-moi. Et c’est ça qui a plu à Laura. « En France, pour le boulot que je fais, je serai payé au smic. Là, au Luxembourg, je touche 13,50e/h et encore, je ne suis qu’en intérim ». Ces mots magiques ont de quoi me scotcher devant mon diabolo grenadine. Voilà donc la grande motivation de la plupart des frontaliers. « Je connais beaucoup de gens qui veulent travailler au Luxembourg pour la paie. Beaucoup d’ouvriers. Et on va pas se mentir, si je suis allée au Luxembourg, c’est pour ça aussi. » Laura en profite pour me glisser d’autres avantages luxembourgeois : « J’ai acheté un lave-vaisselle avec les tickets restau que l’on me donne. On ne peut pas faire ça en France. Et puis je ramène des cigarettes à ma soeur, je prend de l’essence… Il y a pas mal d’avantages. »
Alors pourquoi ne pas s’installer au Luxembourg ? Voilà qui réglerait le souci du trajet, tout en conservant la bonne paie. La réponse de Laura ? « Non, je ne pourrai pas vivre au Luxembourg. La paie double par rapport en France c’est vrai, mais les loyers aussi ! »
Ah oui, voilà qui est embêtant : tout double au Luxembourg.

                                                                                                                                                                                                                      Sophie W.

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