Mon premier pèlerinage religieux

Qui n’a jamais rêvé de partir faire un pèlerinage religieux un mercredi matin à l’aube ? Personnellement, je n’en rêvais pas, mais je l’ai fait quand même. Retour sur mon périple.

Mercredi 14 mai. 5H40. Le réveil pique un peu mais pour se rendre à un pèlerinage, il faut visiblement savoir se lever tôt. Hop, une douche et un jus de fruit plus tard, me voilà déjà partie pour la gare de Metz. Oui, on vient de loin aussi pour faire un pèlerinage.

Le rendez-vous est donné à Hollerich, rue de la Vallée, plus exactement à l’aire de jeux. Un taxi m’y dépose à 7h35. Me voilà donc arrivée. Deux femmes âgées attendent déjà patiemment devant l’aire de jeux. Je me présente, et attend que d’autres personnes se joignent à nous. C’est alors qu’arrive Wilfrid*. Imperméable beige, bêret bleu, pull orange, le quadragénaire me fixe d’un regard amusé. A croire qu’il devine au premier coup d’oeil que je ne suis pas familière des lieux.

Une véritable leçon d’Histoire

Je m’approche pour commencer la conversation. Il m’explique que cette tradition du pèlerinage date d’il y a quatre siècles déjà. „ça a été mis en place en 1666 si je me souviens bien. C’était en hommage aux soldats tombés durant la guerre mais aussi pour ceux morts de la peste.“ Wilfrid me fait une véritable leçon d’Histoire. Il m’explique ainsi qu’à l’époque il y avait beaucoup plus de monde, qu’une fanfare et des enfants de cœur accompagnaient chaque groupe et qu’on partait généralement vers minuit et pas sept heures du matin. – Une chance pour moi sur ce coup. – Je lui demande alors pourquoi il vient ici chaque année. „En hommage à mes amis soldats et puis ça me fait une promenade matinale aussi !“ explique-t-il en riant.

Durant notre conversation, une quinzaine de personnes se sont jointes au groupe. Le top départ va bientôt être donné. C’est un petit groupe, sans prêtre ni enfants de cœur mais tout de même motivé.

Marche, chante et prie

7h50. Paola lance la marche. Elle vient me saluer avec un grand sourire :„Ah bonjour, j’ai cru que vous étiez une écolière qui venait faire la marche avant d’aller à l’école !“. Ah, voilà qui est dit. Elle me présente en bonne et dû forme au reste du groupe. „Nous avons DSCN1970une nouvelle sœur avec nous mes amis… “ . Me voilà bien intégrée au groupe pour le coup. Je me sens un peu gênée mais ma présence ne semble pas contrarier les pèlerins. Le voyage commence.

Loin d’être une simple promenade, je me rends rapidement compte que cette marche a une forte dimension religieuse. – Oui logique dans un pèlerinage religieux, certes. – Paola s’adresse au groupe en soulignant le fait que ce pèlerinage fait écho à la vraie vie : „La vie est un chemin semé d’embuches, il y a des obstacles mais au final nous cheminons vers notre véritable maison : celle de Dieu.“ La vingtaine de personnes présentes l’écoute attentivement. Munis de chapelets, ils se divisent en deux groupes distincts et entonnent des prières en allemand. Des „Notre Père“ et „Je vous salue Marie“ font écho aux chants des oiseaux sur le chemin. La procession avance donc lentement dans la forêt pour une marche de 2km environ. „Il y a une dizaines d’années, on en faisait 20“, m’indique Wilfrid* avec un clin d’œil. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que malgré le fait que la moyenne d’âge du groupe atteigne les 70 ans, le rythme est bon.

„Que Dieu vous bénisse“

8h25, nous arrivons en Ville. Deux policiers nous attendent pour nous escorter jusqu’à la cathédrale. „La Vierge nous a envoyé ses anges gardiens !“ me dit Paola. Voilà un terme rarement utilisé pour qualifier les forces de l’ordre. Je souris. La présence policière semble détendre l’atmosphère. Fini les chants et prières, les pèlerins se permettent quelques blagues et discutent entre eux. Arrivés rue de la Congregation pourtant, un dernier chant retentit. Quelques mètres plus loin, le prêtre attend le groupe devant la cathédrale, pour le début de la messe. C’est donc la fin de mon premier pèlerinage. Paola me salue chaleureusement une dernière fois : „Que Dieu vous bénisse Sophie, je prie pour vous.“ Voilà qui est fort aimable, merci.

Je quitte les lieux plutôt satisfaite de cette expérience et des rencontres que j’ai pu faire. Ce fut une belle promenade, au calme, qui m’a permis de découvrir l’une des plus vieilles traditions du pays luxembourgeois.

*Prénom modifié

Sophie Wiessler

 

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